La petite histoire des sous-vêtements masculins

Du costume au soulier, les hommes se passionnent à nouveau pour la mode. Mais les sous-vêtements restent encore un domaine peu exploré pour nombre d’entre eux. Les acheter est parfois souvent une corvée, où l’objectif est d’aller au plus vite et au moins cher ; parce que “de toute façon, personne ne va voir mon caleçon.” Erreur ! Le sous-vêtement est un élément essentiel de la garde-robe masculine, qui permet de gagner en élégance, confiance et confort. 

Et c’est là qu’est née notre ambition chez Pétrone : redonner envie aux hommes de s’intéresser à leurs dessous, à l’instar de la lingerie féminine.

Car Messieurs, vous disposez déjà d’une offre très large avec différentes formes de sous-vêtements, entre boxer, caleçon et slip, dans plein de matières et de couleurs différentes. 

Alors c’est vrai, il n’est pas toujours facile de se repérer dans la jungle des sous-vêtements pour être sûr de faire un bon choix. Voici donc notre Guide complet pour vous aider à choisir le meilleur des sous-vêtements pour homme.

Histoire, usages, matières : état des lieux complet du sous-vêtement masculin.

Caleçons, boxers, slips : découvrez toute notre collection de sous-vêtements pour homme

Depuis quand porte-t-on des sous-vêtements ?

L’origine des sous-vêtements est lointaine et mystérieuse, mais il serait finalement facile de répondre : depuis la nuit de temps. On peut se douter que l’homme a vite couvert ses parties les plus précieuses, pour mieux affronter le froid et les dangers. 

Le sous-vêtement est aussi vite associé à la notion de décence, qui pousse les hommes à masquer leur intimité. On retrouve un exemple probant dans la Genèse avec Adam et Eve qui, prenant conscience de leur nudité dans le jardin d’Eden, se couvrirent d’une feuille de figuier pour cacher leur honte :« Alors se dessillèrent leurs yeux à tous deux, et ils connurent qu’ils étaient nus ; et cousant des feuilles de figuier, ils s’en firent des pagnes. »

dominiquin adam eve
Le Dominiquin, “Dieu réprimant Adam et Eve”.

Aux origines des sous-vêtements masculins

En réalité, les hommes n’étaient pas vêtus de feuilles de figuier mais plutôt de pagnes. Toute l’évolution du sous-vêtement masculin a témoigné de ce besoin permanent de protection et de confort.


On retrouve la première trace de sous-vêtement à l’époque de l’Egypte antique, trois millénaires avant notre ère. Si les plus pauvres restaient nus, les hommes plus fortunés portaient le chendjit, un pagne en lin blanc retenu par une ceinture. Ce pagne est d’abord court, serré et droit, et constitue l’unique vesture. Au fil du temps, il s’élargit, s’allonge et se pare de plissés et de perles pour la décoration. Il devient un vrai sous-vêtement lorsqu’on commence à porter un autre vêtement plissé par-dessus, qui laisse apparaître le chendjit.

chendjit pagne hommes égypte antique
Exemple avec ce porteur de flèche, extrait d’une fresque retrouvée dans la chambre funéraire du Kenamoun, intendant en chef du roi.

Pour l’anecdote on raconte d’ailleurs que le pharaon Toutankhamon a été enterré avec un pagne composé de 144 formes de triangle isocèle. Même à l’époque, on ne transigeait pas sur l’importance d’un bon maintien.

Côté Rome et Grèce Antiques, hommes et femmes portent un subligaculum, une pièce de tissu en lin ou parfois en cuir, qui ressemble furieusement à un slip. On le porte par exemple pour faire du sport ou pour les représentations théâtrales.

mosaïque villa borghese italie
On aperçoit un subligaculum chez certains gladiateurs dans cette mosaïque de la Villa Borghese.

Au Moyen-Âge, place aux chausses

À l’époque du Moyen-Âge, au XIIè siècle, le sous-vêtement avait surtout un rôle pratique. Tout d’abord, protéger la peau des irritations provoquées par ses vêtements de dessus, souvent en flanelle, en lin ou en laine. Les sous-vêtements servaient aussi à garder ses vêtements propres. Les vêtements du dessus étant bien plus chers, les sous-vêtements servaient de barrière contre les salissures et autres odeurs corporelles. Cette valeur hygiénique du sous-vêtement va perdurer tout au long de l’histoire.

Les plus riches pouvaient s’offrir des sous-vêtements en soie, quand les plus pauvres devaient se contenter de sous-vêtements en lin – des dessous moins confortables qui grattaient la peau.

pieter bruege peinture
Pieter Brugel l’Ancien, La danse de la mariée. Aperçu de braies parfois très, très moulantes.

On porte alors une longue chemise en haut et des “braies” ou “chausses” en bas.

Ces braies sont des bas avec de larges jambes qui se terminent au niveau du mollet, et s’attachent avec une ficelle à la taille. Au fil des années, les braies se raccourcissent et deviennent plus ajustées, jusqu’à ressembler à un caleçon long

Porter des braies devient un signe de bonne manière, qui distingue l’homme du gueux. Le chroniqueur Jean Froissart décrit justement comme il a “guéri” les Irlandais de leurs “nombreuses habitudes grossières et inconvenantes”, comme celle de ne pas porter de dessous, en les habituant à porter des sous-vêtements en lin.

Une braguette de taille

Mais avançons un peu dans le temps.

Au XVIè siècle, les hommes portent alors des tuniques qui s’arrêtent à la taille et des bas pour couvrir leurs jambes. Entre les deux, les hommes se parent d’une “braguette”, une pièce de tissu qui vient recouvrir l’entrejambe des hommes. Rembourrée, de couleur vive, la braguette devient un véritable objet de mode qui renforce une image de puissance, envoyée en guise d’avertissement béliqueux à ses confrères.

On la rembourre avec de la laine ou une coque de métal, et on l’orne de broderies et de perles. Certains s’en servent même d’une poche où l’on met sa petite monnaie et ses lettres.

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Henri VIII savait toujours où ranger ses clés.

Au XVIIè et XVIII siècle, les hommes portent des caleçons en dessous de leurs chausses pour éviter de les salir : soit une version longue en lin, descendant jusqu’aux chevilles et terminée par des étriers pour éviter qu’il ne glisse, soit une version courte en soie. C’est l’avénement des “culottes”, conçues pour protéger des irritations des vêtements et éviter de salir ses vêtements de dessus. Le changement de sous-vêtements est alors plus courant que le bain.

La culotte devient progressivement un symbole des classes aristocratiques de l’Ancien Régime, à l’inverse des fameux “sans-culottes”, ces révolutionnaires issus des classes sociales plus pauvres, partisans de la Révolution française.

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Le Verrou de Jean-Honoré Fragonard, avec un bon exemple de caleçon de l’époque.

Le sous-vêtement à l’ère contemporaine

On retrouve le sous-vêtement moderne à la fin du XIXè siècle. 

On porte alors une combinaison en laine ou en coton, boutonnée avec une ouverture au niveau de l’entrejambe. La vision du sous-vêtement est encore et toujours hygiéniste : le tissu est là pour absorber la transpiration et protéger les vêtements que l’on porte au-dessus. À l’origine pensée pour les femmes, cette combinaison est finalement largement adoptée par les hommes.

Ces combinaisons sont particulièrement populaires aux Etats-Unis, où l’on vante la grande liberté de mouvement qu’elle procure. On crée des combinaisons d’été en coton, et des modèles d’hiver plus épais, en laine. La couleur se démocratise : longtemps écru, on voit apparaître des combinaisons grises, bleues, rouges ou couleur chair.

sous-vêtements vintage
Joseph Leyendecker, Man on the Bag.

Cette combinaison se scinde finalement en deux par la suite, avec le Henley en haut et le Long John en bas. 

Le sous-vêtement masculin se transforme encore au XXè siècle, avec le développement de matières synthétiques innovantes comme le nylon. Ces matières, mélangées à des fibres de coton, rendent les vêtements plus souples et plus confortables. Les sous-vêtements de couleur sont aussi à la mode, avec des caleçons et des slips violets, bleu ciel, verts ou rose pâle.

Avec la démocratisation du sport en tant que loisir, et grâce à ces nouvelles fibres textiles plus élastiques, le sous-vêtement devient plus pratique, plus près du corps. Ainsi était né le sous-vêtement moderne.